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LE PARRAINAGE EN MISSION LOCALE


Il y a quelques temps, à l’occasion d’une initiative de la Jeune Chambre Economique de la Marne, on m’a demandé d’intervenir en tant qu’ancien parrain en Mission Locale pour l’emploi des jeunes, afin de témoigner de mon expérience. J’ai effectivement parrainé une dizaine de jeunes il y a quelques années à la Mission Locale de Châlons-en-Champagne, et j’en conserve un excellent souvenir.


Je précise que j’interviens également en tant que formateur dans le domaine des relations humaines et de la relation d’aide, et aussi en tant que psychologue du travail. J’ai l’occasion régulièrement de rencontrer les parrains de la Mission Locale de Châlons et de parler des postures dans la relation d’aide.


D’abord en quoi consiste le parrainage ? ce dispositif vise à soutenir un jeune inscrit à la Mission Locale dans ses démarches de recherche d’emploi. Soutien moral bien entendu mais aussi soutien pratique qui passe par des entretiens réguliers, au cours desquels on écoute, on encourage, on motive, on donne des tuyaux qu’on espère « bons », on aide le jeune à prendre un peu de recul sur sa situation.


Le fil conducteur de la conversation c’est l’emploi, mais on peut être amené à évoquer d’autres thèmes périphériques de l’emploi tels que le projet professionnel, la mobilité, la santé…



En préparant cette intervention j’ai recherché les mots-clés que j’associe au parrainage et j’en ai trouvé 5 que j’évoquerai brièvement : bénévolat, relation, complémentarité, solidarité intergénérationnelle, aide multiforme.


1. Bénévolat (du latin benevolus : bonne volonté)


Le parrainage est un accompagnement basé sur la bonne volonté des protagonistes, tant le parrain que le jeune n’ont aucune obligation d’entrer dans ce dispositif. Ils ne reçoivent aucune rémunération en l’échange de leur effort, pas plus que de sanction si ça ne marche pas… Donc nous avons là une base intéressante dans la relation d’aide : il y a une réelle demande, sans pression d’enjeu.


2. La relation


Dans les cours de communication, on illustre parfois le lien entre les personnes par un pont entre elles sur lequel circulent les voitures qui sont les messages. Le message peut être beau, pertinent (n’est-on pas dans l’ère des belles voitures ?), mais il y a le risque qu’il ne passe pas si le pont n’est pas solide, c’est-à-dire si la relation n’est pas là. Je peux témoigner que le parrainage permet de construire de beaux ponts.


Il m’arrive de croiser des personnes que j’ai parrainées il y a une quinzaine d’années. C’étaient des jeunes, ils sont aujourd’hui des parents avec des familles parfois nombreuses. C’est toujours une grande joie. On n’a pas besoin de se parler beaucoup. Il s’est passé quelque chose. Je me souviens d’une jeune wallisienne que j’avais accompagnée. Son papa était venu passé quelques jours en Métropole et il avait accompagné sa fille au rendez-vous pour me remercier en me donnant un cadeau de Wallis-et-Futuna (un T-shirt et un sac). Quand je mets le t-shirt, je pense à eux. Il voulait me remercier du temps que je prenais pour sa fille. Ça m’arrive de la croiser encore de temps en temps. C’est toujours sympathique, un bon moment.



3. Complémentarité


Comme je l’ai dit le parrainage passe par des rencontres régulières avec un jeune en complément du travail fourni par la Mission Locale. Le parrain n’est pas un « Conseiller en Insertion Professionnelle bis ». Il peut être quelqu’un qui a une bonne connaissance de l’entreprise, un réseau, mais je pense que la première qualité d’un parrain c’est de savoir écouter sans juger. Il peut être encore actif, mais il peut être aussi retraité : et c’est une grande force du parrainage : on vient avec ce qu’on est, nos qualités, nos limites.



4. Richesse de l’intergénérationnel


On sait bien le poids de notre environnement sur nos représentations. Et de tout temps, les générations ont des difficultés pour se comprendre, avec le spectre toujours présent du jugement de valeur, et la sacrosainte phrase « de mon temps… ». Le parrainage permet de gommer un peu cette tentation.


Il y a la relation intergénérationnelle entre les parrains et marraines et les jeunes bien entendu, mais il y aussi de l’intergénérationnel dans l’équipe des parrains et marraines : entre les jeunes actifs, les actifs un peu plus anciens, et les retraités…


Vouloir comparer les époques est un exercice périlleux : Certes dans les années 1950 on n’avait pas de smartphone, mais on était au début des 30 glorieuses. Entendre un « ancien » parler de ses premiers pas dans la vie active donne à rêver pas mal de jeunes aujourd’hui.



5. Aide multiforme


« Multiforme » car l’aide que le parrain peut apporter prend des formes diverses : de l’écoute et du soutien, en passant par des conseils sur les démarches, la rédaction du CV, et aussi le témoignage de sa propre expérience, parfois une aide logistique pour un déplacement chez un employeur… Donc si vous avez peur de ne pas pouvoir aider un jeune parce que vous ne connaissez pas suffisamment d’employeurs ou que vous ne connaissez pas les dernières techniques de recherche d’emploi, sachez que ça ne constitue pas un frein.



En conclusion je trouve que le parrainage en Mission Locale est un dispositif original qui mérite d’être connu et développé et je ne saurai qu’encourager tous ceux qui se sentent concernés par l’avenir de nos jeunes à en faire l’expérience.





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